lundi 13 novembre 2017

Les ouvrages uchroniques d'ArchéoSF remportent le Prix spécial ActuSF de l'uchronie !

Les vainqueurs du prix ActuSF de l'uchronie viennent d'être révélés.
ArchéoSF remporte le Prix spécial!

Les Editions Publie.Net, et plus particulièrement Philippe Éthuin, pour leur travail uchronique à travers leur collection ArchéoSF (Histoire de ce qui n’est pas arrivé de Joseph Méry, Le passé à vapeur anthologie présentée par Philippe Étuin, Les autres vies de Napoléon Bonaparte Uchronies & Histoires Secrètes, Une autre histoire du monde, 2500 ans d’uchronies présenté par Philippe Éthuin).
Ces ouvrages sont à retrouver dans la librairie du site publie.net:

Histoire de ce qui n’est pas arrivé de Joseph Méry : disponible en version numérique et en version papier à tirage limité (50 exemplaires numérotés)




Le passé à vapeur anthologie proto-steampunk: disponible en version numérique et en version papier



Les autres vies de Napoléon Bonaparte Uchronies & Histoires Secrètes : très grosse anthologie (720 pages!) : disponible en version numérique et en version papier


Une Autre histoire du monde. 2500 ans d'uchronies : disponible en version numérique et en version papier

lundi 6 novembre 2017

Léon Blum critique de John-Antoine Nau, le premier Prix Goncourt (1903)

Avant de se lancer en politique avec le destin que l'on connaît, Léon Blum fut un critique littéraire reconnu. Dans les colonnes de Gil Blas, le 14 septembre 1903, il critique Force Ennemie de John-Antoine Nau à qui est décerné le 21 décembre 1903 le premier Prix Goncourt.


LES LIVRES
 Quatre romans de MM. EUGÈNE VERNON, MARIUS-ARY LEBLOND, JOHN-ANTOINE NAU et HENRI GHÉON.

Est-ce cette année que l'Académie Goncourt compte décerner pour la première fois le prix destiné au meilleur roman de jeune? Si j'étais juge, voici quatre romans que j'aurais retenus, entre lesquels je pourrais hésiter : Gisèle Chevreuse, de M. Eugène Vernon, le Zézère, de MM. Marius et Ary Leblond, la Force Ennemie, de M. John Antoine Nau, et enfin, le Consolateur, de M. Henri Ghéon. Chacun de ces livres est louable à plus d'un titre. Les auteurs ont, je crois, à peu près le même âge, c'est-à-dire moins de trente ans. [...]

Si jamais sujet prêtait au développement naturaliste, c'est bien celui qu'a traité M. Nau. Force Ennemie, est l'histoire d'un fou, enfermé dans une maison de fous ; le milieu est constitué par ses compagnons de cellule, ses gardiens, les médecins qui le torturent. Et, cependant, ce roman se présente avec un agrément d'art, de choix, et même de légèreté, et j'en puis parler sans avoir la moindre envie de me tirer d'affaire par une digression sur la loi de 1838. C'est d'abord, bien entendu, que l'auteur a beaucoup de talent. C'est, aussi que M. John-Antoine Nau, bien que procédant évidemment de Villiers de L'Isle Adam, d'Edgar Poe et de Baudelaire, a été très fortement marqué par les humoristes, et ce sont, à mon avis, les humoristes — pour me servir d'un mot inexact, mais qu'on a coutume d'appliquer à des hommes comme MM. Jules Renard ou Tristan Bernard - qui auront renouvelé, par une influence directe ou détournée, les procédés du roman moderne... Qu'on ne prête pas d'ailleurs à M. Nau le mauvais goût d'avoir écrit un roman gai sur la folie ; son livre est sérieux, vrai, et même triste, mais bien qu'écrit sur un sujet atroce, il est sans pesanteur, sans diffusion et sans ennui. Cela n'empêche pas que la pénétration de l'analyse soit très aiguë, et les pages où M. Nau montre son aliéné à demi-lucide « habité comme un fruit véreux », logeant en lui « la force ennemie » qu'il connaît, contre laquelle il lutte, qui lui impose des paroles et des actes qu'il sait déments, font véritablement penser à quelque conte d'Edgar Poë. L'ennemi intérieur s'isole peu à peu, se personnalise, le fou dialogue avec lui, et c'est une fiction puissante que l'auteur a eu le seul tort de pousser trop loin. Le style est exact et riche, peut-être un peu inarticulé, mais l'auteur d'un pareil livre—M. Nau qui n'avait publié auparavant qu'un volume de vers, Au Seuil de l'Espoir — est un écrivain sur lequel on peut fonder les plus belles espérances.

Source de l'article: Gallica 

Force ennemie est disponible en version numérique dans la collection ArchéoSF aux éditions publie.net



jeudi 19 octobre 2017

ArchéoSF au festival Scorfel (21 et 22 octobre)

ArchéoSF sera au festival Scorfel de Lannion (Côtes d'Armor) les 21 et 22 octobre 2017.
Tous les ouvrages de la collection seront disponibles ainsi qu'une petite surprise (un ouvrage à tirage limité).




Au programme (il y en a pour tous les âges !):
- de la littérature avec des auteurs, des éditeurs, des illustrateurs, de la bande dessinée (Fantastique, Fantasy, Science-fiction)
- des jeux de rôles (initiation, boutique, auteurs et bien sûr la nuit ludique!)
- une ludothèque (jeux de cartes, jeux de plateaux)
- des animations (contes, atelier d'écriture ludique, chasse au trésor, lecture publique, atelier bande dessinée)
- du cinématographe (projection de courts métrages et table ronde sur le cinéma de l'imaginaire)

Vous pouvez consulter le programme complet du festival ICI.
 
Scorfel c'est samedi et dimanche de 10h à 18h + la nuit ludique de 20h30 à 10h (le café est offert pour toute la nuit)

A consulter:

lundi 9 octobre 2017

Le directeur de la collection ArchéoSF nominé pour le Prix Spécial ActuSF de l'uchronie 2017!

Les nominations pour le prix ActuSF de l’uchronie 2017 viennent d’être annoncées.


ArchéoSF est très fière de faire partie des nominés dans la catégorie Prix Spécial à travers son directeur de collection , au sein des éditions Publie.net, Philippe Éthuin :

« Philippe Éthuin pour son travail uchronique au sein des éditions Publie.Net (Histoire de ce qui n’est pas arrivé de Joseph Méry, Le passé à vapeur, Les autres vies de Napoléon Bonaparte Uchronies & Histoires Secrètes, Une autre histoire du monde, 2500 ans d’uchronies) »

Depuis 2011, ArchéoSF réédite des textes de science-fiction ancienne parfois patrimoniaux, souvent peu accessibles et quelquefois même inconnus jusqu’alors.
Dirigée par Philippe Éthuin, la collection bénéficie du soutien de publie.net depuis le début. A l'origine, l'enthousiasme de François Bon a permis les premières publications. Aujourd’hui, Roxane Lecomte, qui s’occupe notamment des aspects graphiques et numériques ainsi que de la mise en page et des corrections, Guillaume Vissac, directeur éditorial de Publie.net (et qui met aussi les mains dans le cambouis des relectures) et Philippe Aigrain, responsable de Publie.net, ont chacun à leur manière mis leur pierre pour construire ArchéoSF.

Si ArchéoSF se penche sur toutes les formes de la SF ancienne, elle propose depuis ses débuts des ouvrages relevant de ce que l’on peut appeler le proto-steampunk (le premier ouvrage paru, Voyage au ciel de Samuel Henri Berthoud, est une histoire d'aérostat extrapolé ) et de l’uchronie. Le catalogue propose désormais plus de 50 titres couvrant une bonne partie des domaines de la SF ancienne: anticipation, uchronie, science-fiction, aventures extraordinaires, histoires de savants fous, récits préhistoriques, voyages dans le temps,...

Dès 2012, la collection accueille Histoire de ce qui n’est pas arrivé (1854) de Joseph Méry, qui porte non seulement un titre définissant le genre de l’uchronie mais qui est aussi chronologiquement la deuxième réelle uchronie. S’intéressant aux germes de notre modernité, ArchéoSF propose en 2015 l’anthologie Le Passé à vapeur qui recueille des textes proto-steampunk. L’année suivante, en 2016, l’importante anthologie Les Autres vies de Napoléon Bonaparte (720 pages dans la version papier!) est nominée dans la catégorie Prix Spécial pour le Prix ActuSF de l’uchronie.
Cette année c'est l'anthologie Une Autre histoire du monde. 2500 d'uchronies qui paraît avec non seulement un recueil de textes à tendance uchroniques mais aussi la révélation de quelques uchronies absentes de tous les ouvrages de référence.

La nomination de Philippe Éthuin pour son travail uchronique, ses recherches sur l’histoire de l’uchronie, la composition d’anthologies et ses travaux de présentation ne peut que nous encourager à poursuivre le travail entrepris : explorer un pan souvent oublié -et pourtant incontournable - de notre imaginaire collectif, exhumer et rendre accessibles des textes et offrir des ouvrages de qualité (*).

Les nominés :

 Prix Littéraire
Latium, de Romain Lucazeau, Editions Denoël coll. Lunes d’Encre, 2016.
La chute de la maison aux flèches d’argent, d’Aliette de Bodard, Fleuve Editions, 2017
Mes vrais enfants, de Jo Walton, Editions Denoël coll. Lunes d’Encre,2017
L’Empire électrique, de Victor Fleury, Editions Bragelonne, 2017
Semper Lupa, de Meddy Ligner, Editions Armada, 2017
Le Baron Noir Année 1864, d’Olivier Gechter, Editions Mnémos, 2017.
Prix Graphique
Série Reconquêtes, de Sylvain Runberg (Scénario) et François Miville-Deschênes (Dessin), Editions Le Lombard.
Série Erased, de Kei Sanbe, Editions Ki-Oon
Le Château des étoiles 3, d’Alex Alice, Editions Rue de Sèvres, 2017.
Le Voyage extraordinaire 5, de Denis-Pierre Filippi(Scénario) et Silvio Camboni (Dessin), Editions Vent d’Ouest, 2017
Prix Spécial
Série La longue terre de Terry Pratchett et Stephen Baxter, éditions L’atalante.
Trilogie Les Brillants, de Marcus Sakey, Editions Gallimard, collection Série Noire.

Philippe Éthuin pour son travail uchronique au sein des éditions Publie.Net (Histoire de ce qui n’est pas arrivé de Joseph Méry, Le passé à vapeur, Les autres vies de Napoléon Bonaparte Uchronies & Histoires Secrètes, Une autre histoire du monde, 2500 ans d’uchronies). 

(*) Bon, vous avez vu les autres nominés dans la catégorie Prix Spécial? Gloups, il y a du niveau!

jeudi 5 octobre 2017

Gabriel de Rarécourt de la Vallée marquis de Pimodan, Nihilisme (1898)

Pimodan a signé dans Les Sonnets de Pimodan (1898) quelques textes à tendance conjecturale. Nous avons déjà présenté Dernier Sélénite. Dans la partie "Nihilisme (songe en train rapide)" qui comprend sept sonnets nous revenons sur Terre avec le songe d'une révolution "rouge" qui n'est guère du goût du très catholique conservateur marquis de Pimodan. Nous livrons l'ensemble ci-dessous.






Nihilisme

I

L'AIGUILLEUR

Si rapide qu'il laisse aux rails une brûlure,
Si pesant qu'il étonne encore l'aiguilleur,
Comme un tonnerre humain, vers un climat meilleur,
Le train de luxe roule à sa plus grande allure.

De ces riches combien valent, en leur enflure
De basse vanité, le pauvre travailleur
Raidi sur le quai sombre, immobile veilleur,
Aux rafales de l'Est mêlant sa chevelure ?
C'est la nuit. L'homme est là docile mais rêvant,
Sous la blouse creusée aux morsures du vent,
Que « le grand soir » des revanches viendra peut-être,

Le soir rouge, le soir du dernier « ça ira »,
Où l'on ne pourra plus dire le nom d'un maître,
Où l'express monstrueux, culbuté, périra.

II

APRES « LE GRAND SOIR »

Quand rien ne sera plus des sociétés pourries
Où nous agonisons ; quand on aura brûlé,
Depuis les parlements jusqu'aux gendarmeries,
Tout l'édifice ancien chaque jour ébranlé ;

Quand des « Princes » iront parmi les railleries,
Tendant la main, couchant sous un pont écroulé ;
Quand on verra « Crésus », employé des voiries,
Parmi les balayeurs être immatriculé ;
Quand, du lointain Oural aux flots de l'Atlantique,
Il ne restera rien, rien de l'Europe antique,
Rien des trônes, et des pouvoirs, et des autels,

Les hommes n'auront pas rapproché de leurs lèvres
La coupe du bonheur, où se calment les fièvres,
Et souffriront toujours de leurs maux immortels.

III

LE BON CHIMISTE

La vieille humanité, lasse de l'échéant,
Alors, proclamera l'inanité de vivre,
Le recul éternel du bonheur à poursuivre ;
Et cette ultime foi sera sans mécréant.

Un chimiste, penché vers l'abîme béant,
Trouvera l'explosif devant fermer le livre
De nos destins vaincus par la Mort qui délivre,
Pour rouler notre race au Linceul du Néant.

Possédant le suprême et dernier magistère,
Un chimiste, pontife adoré de la Terre,
Presque dieu, sous un dôme immense en dur métal,

Un chimiste très doux, pitoyable et lyrique,
Pour briser la planète en terminant le mal,
Allumera du doigt l'étincelle électrique.

IV

LA DESTRUCTION DE LA TERRE

Oh ! la terre brisée ainsi qu'un projectile
Eclate ; le malheur fini, le vieux destin
Vaincu !,.. Plus un poisson nageant, plus un reptile
Rampant, plus un oiseau chantant au gai matin !

Plus rien qui souffre accablé par le sort hostile...
Mais le repos conquis, immuable, certain,
Sans possibilité de l'heure versatile,
Où reviendrait la vie en un éveil lointain.

Quel rêve!... le Bouddha futur devant renaître
Pour terminer son oeuvre enfin, sera peut-être
Le chimiste attendu, béni, sollicité,

Qui, dédaignant palais, villes ou capitales,
Livrera d'un seul coup le inonde aux morts brutales
Et si douces pourtant d'instantanéité.

V

LES AUTRES MONDES

Mais si là haut vraiment, sur les sphères lointaines
Qui vers notre soleil tournent leurs horizons,
Des êtres ont aussi dans leurs âmes hautaines
L'horreur de l'éternel vouloir des floraisons,

Des parfums emplissant les victoires certaines
De l'invincible avril, athlète des saisons,
De l'eau coulant toujours aux pierres des fontaines
Pour la coupe des maux qu'en vain nous épuisons;

Si là-haut, connue nous, d'autres sous leurs tortures
Succombent, trop martyrs, au fardeau de Natures
Différentes mais non moins cruelles... Alors...

Alors, de monde en monde effarant les espaces,
Qui saura, projetant la douceur de ses grâces,
Universaliser le saint repos des morts ?

VI

LA MORT UNIVERSELLE

La mort à notre globe, aux planètes solaires,
Aux univers connus, est-ce la fin des maux,
Si dans les vagues cieux, plus loin que les Polaires,
D'autres humanités ont d'éternels rameaux ?

Si des êtres pensants, aux affres similaires,
Par des villes, des bourgs, des cités, des hameaux,
Fixant l'autre côté de nos caniculaires
Tordent leurs bras plus loin que l'Ourse ou les Gémeaux ?

Plus loin, toujours plus loin... Il faut détruire encore,
Anéantir jusqu'au vagabond météore
Qui pourrait devenir un monde en cent mille ans...

Et cela fait... cela ne sera rien peut-être,
Si les décilions de siècles voient renaître,
Un jour maudit, le mal que nous portons aux flancs.

VII

INUTILITE

Ah! nul exacerbant les forces du génie
Dans la sainte pitié faisant craquer son front,
Nul ne saura finir l'éternelle agonie,
Où toujours et toujours des êtres souffriront...

Nul ne diminuera la misère infinie..,
Et, quand les poursuiveurs d'impossible croiront
Enlever un rameau de l'arbre tyrannie,
Ils n'en verront pas dix verdir sur le vieux tronc !...

Puis, songe plus affreux et futur plus horrible !
L'âme traverserait ces affres comme un crible,
Si l'on pouvait trouver le suprême explosif...

— Et voilà ce qu'au coin d'un wagon de première,
Ayant voilé le globe où vibrait la lumière,
O mon frère aiguilleur ! rêvait ton frère oisif !





mercredi 27 septembre 2017

Gabriel de Rarécourt de la Vallée marquis de Pimodan, Le dernier Sélénite (1898)

Gabriel de Rarécourt de la Vallée marquis de Pimodan a publié Les Sonnets de Pimodan en 1898. Dans ce recueil de sonnets, on trouve plusieurs textes d'inspiration conjecturalo-catholique (si on peut se permettre cette dénomination).
Dans la première partie "Les Mondes de l'infini" (qui s'ouvre sur une citation de Camille Flammarion) on découvre le "Dernier Sélénite":




Dernier Sélénite

Le très sage vieillard, las de son triste gîte,
Songe à l'heure où sa race innombrable peuplait,
En des grottes sans fin, la ville sélénite
Pleine de feux d'un éclat blanc comme du lait (I).

Mais sous les murs marbrés que le rubis granité,
Sur les terrasses d'or où le paon circulait,
 Dans les jardins féconds où rampait l'ammonite,
Au long des boulevards qu'un peuple entier foulait,

Près du fleuve d'eau chaude à l'arche millénaire ; 
La vie a disparu quand le volcan lunaire 
Après de vains éclats, un hiver, s'éteignit... 

Et, seul, ayant vécu plus longtemps que sa course,
Dans le dernier réduit où murmure une source, 
Le dernier Sélénite, a jamais seul, finit...